Transhumanisme et technologies de l’intelligence



Des  origines du transhumanisme à homme augmenté

 La nouveauté de la révolution d’aujourd’hui ne réside pas dans l’utilisation de la rationalité elle-même mais dans l’utilisation inédite des mathématiques jointe à la nécessité d’une expérience empirique pour appréhender les lois de la Nature. Pour la première fois dans l’histoire de la pensée, l’approche philosophique et métaphysique ne serve dans la compréhension de la réalité matérielle.  Néanmoins, dans le système méthodique développé par Descartes la réintégration d’une dimension métaphysique était nécessaire pour garantir la véracité de nos connaissances. En d’autres termes, une pensée cartésienne fidèle à son origine devrait reconnaitre une dimension transcendantale en l’homme qui fonde son acte de connaissance en vérité. En l’homme un une dimension immatérielle  qui coexiste avec une dimension matérielle.  Avec Descartes, soit que l’on nie ou minimise les vérités scientifiques, soit que l’on fustige les discours théologiques. L’articulation entre les deux semble appartenir à un passé révolu, celui de l’enfance de l’humanité, le progrès de l’esprit humain ne pouvant que se départir d’une telle articulation magico-mythologique caractéristique du monde de l’enfant or la période actuelle, qui s’oriente vers le Trans humanisme, en est incontestablement le résultat le plus abouti.

Aux sources de l’idéologie Trans humaniste, la première grande « révolution » qui fonde toute l’idéologie de la Renaissance est  l’Humanisme, il s’agit d’une manière toute nouvelle de concevoir le monde et l’homme au sein de ce monde. Il constituera la pierre angulaire, le premier grand pas fondateur, de toute la construction idéologique Trans humaniste. Néanmoins, à l’aube du XVIème siècle, un philosophe italien le comte Jean Pic de la Mirandole (1463-1494), développa une pensée sur l’homme radicalement distincte du discours ecclésial en vigueur dans la Kabbala. Un retournement s’opère dont les conséquences nous atteignent aujourd’hui encore et façonne notre manière de penser la vie et l’homme. 
La kabbale c’est la transformation du monde par le calcul, cette transformation numérologique du monde vise à le «réparer» et au XXe siècle, cette approche a été relancée par la cybernétique, coupelle commun de l’ingénierie sociale et du Trans humanisme  qui écrase les différences qualitatives pour ne laisser subsister que des différences quantitatives (Au début des années 1990, Wall-Street avait déjà  une vision entièrement numérique et numérologique du monde). Évidemment, cette approche des choses en termes de calcul mathématique ne se réduit pas à la kabbale, on la trouve aussi chez Pythagore et en outre c’est une tendance profonde de l’esprit humain. Le théocentrisme incontesté et incontestable qui fondait tous les grands systèmes philosophiques de l’Antiquité et du Moyen-âge, Pic de la Mirandole va le retourner complètement : ce n’est plus l’homme qui remet sa destinée entre les mains de Dieu, mais Dieu qui remet à l’homme le choix de son devenir dans une liberté et une indétermination innée. Ce n’est plus Dieu qui se situe au centre du processus, mais l’homme. Désormais l’Humanité prend définitivement distance du théocentrisme de toutes les périodes précédentes. Nous entrons dans l’anthropocentrisme de la Renaissance qui prépare déjà le Transhumanisme.
C’est en 1486 que Pic de la Mirandole rédige le texte que l’éditeur de Strasbourg, en 1504, intitulera Discours de Pic de la Mirandole, comte de Concordia, sur la dignité de l’homme. Dans cette œuvre Mirandole alors âgé de 23 ans, met en exergue les valeurs principales qui caractériseront l’Humanisme de la Renaissance: l’essence et la dignité de l’homme. Pour lui, l’essence humaine est d’être indéterminée parce qu’elle est toute chose. En d’autres termes, l’homme contient en lui-même toutes les essences de la nature sans être défini par aucune d’elles, c’est par un acte libre et volontaire qu’il se détermine. Le parfait artisan (la Déité)  prit donc l’homme au milieu du monde[1] Si l’indétermination de son devenir caractérise la nature de l’homme de la Renaissance, elle ne nie pas pour autant sa finitude, ses limites qui prennent corps à partir du moment où il a fait choix de sa destinée : «L’homme est un infini de puissance qui se finitise dans ses actes. L’homme n’est pas Dieu, il n’en est que l’image. La dignité de l’homme de la Renaissance consiste donc en son indétermination ontologique et en son libre arbitre par lequel il se détermine. Néanmoins, l’existence humaine n’est pas dénuée de finalité. Elle consiste en la vision intérieure des réalités divines par la lumière de la théologie.  Aussi est-ce par l’exercice de la raison philosophique et la pratique de la morale de l’équilibre que l’homme atteint les rives harmonieuses du divin. Il affirme en effet : « lorsque la force de nos passions sera réduite par la morale à de justes proportions, de façon à résonner dans une harmonie inaltérable, et lorsque grâce à la dialectique notre raison progressera en rythme, alors, transportés par la fureur des Muses, nous nous enivrerons d’entendre intérieurement l’harmonie céleste»
L’acte philosophique et la morale de l’équilibre constituent donc, selon Mirandole, la voie royale pour atteindre la destinée mystique de l’humain. Mais l’apport le plus étonnant du jeune philosophe consiste en l’effort d’unification des écoles philosophiques afin de fonder une paix théologique et philosophique, fondement de toutes les autres paix, morales et politiques. 

L’homme de demain sera « augmenté » grâce au progrès technique ses capacités mentales et physiques seront démultipliées :

1. La vue. - Il est déjà possible de redonner la vue à des aveugles grâce à des implants rétiniens électroniques placés dans le cerveau.  L’approche la plus novatrice, l’optogénétique, repose sur le génome d’une algue qui est capable de se déplacer naturellement vers la lumière. Les chercheurs souhaitent donc utiliser son système visuel pour le transférer chez un patient. À terme, les neurones du déficient visuel pourront exprimer la même protéine qui rend l’algue sensible à la lumière.
2. La circulation sanguine. - Un fluide synthétique coule dans les veines de l’homme bionique,  des chercheurs prévoient déjà l’utilisation de capsules capables de nettoyer le sang. Ils envisagent aussi d’accroitre sa capacité de transport en oxygène en s’inspirant d’un ver de sable, dont l’hémoglobine est 50 fois plus efficace que la nôtre.
3. Les os et articulations. - Les capacités des prothèses du futur n’ont de limites que celles de l’imagination humaine. Le membre bionique pourrait se démocratiser non plus chez les amputés, mais chez ceux qui souhaitent éviter les fractures, courir plus vite, sauter plus haut ou nager.
4. Le cerveau. -  Grâce à l’hybridation de nos cerveaux avec des nano-composants électroniques, disposer d’un pouvoir inimaginable.  La majorité de nos pensées ne sera bientôt plus d’origine biologique. Elles émaneront d’un « cloud », un nuage artificiel en réseau, dans lequel nous pourrions puiser des informations. Notre cerveau augmenté par des implants sera aussi capable d’effacer des mauvais souvenirs ou d’en immortaliser d’autres et la lutte contre les maladies neurodégénératives peut passer par un remplacement des zones du cerveau défectueuses par des prothèses microélectroniques.
5. Les organes vitaux. - L’exploitation des cellules-souches permettra de fabriquer des organes in vitro à l’aide d’imprimantes 3D, tels que le cœur, le poumon, ou le rein. Il s’agit de cellules naturelles programmées pour se multiplier indéfiniment et qui peuvent donner naissance à tous les organes et tissus de du corps humain.
6. La peau. - Grâce à une bio imprimante 3D, une équipe française est déjà parvenue à imprimer un fragment de peau à partir de différents types de cellules humaines cultivées in vitro. On peut donc  imaginer la fabrication d’une peau intelligente, intégrée à l’épiderme abrité de puces et ultrarésistante, elle pourrait établir un tatouage électronique qui informerait sur notre état de santé général.
7. Les cellules. - Des thérapies seront développées pour réduire l’oxydation des cellules, responsable du vieillissement. Le cœur de ces recherches porte sur les mitochondries, ces petits organites présents dans les cellules, dont elles constituent le réacteur énergétique. En maintenant ces mitochondries dans un état sain, les chercheurs pensent pouvoir endiguer la mort des cellules, voire les rajeunir. Cela peut passer par l’injection d’une molécule spécifique (NAD) ou l’activation de certains gènes. En laboratoire, des souris ont retrouvé une vigueur musculaire de souriceau et gagné 40 % de vie en plus grâce à ces techniques.
Les neurotechnologies sont révolutionnaires en ce qu'elles bousculent l'ordre social, à terme, un être humain qui refuserait d'être hybridé avec des circuits électroniques serait guère compétitif sur le marché du travail?


[1] «Je ne t’ai donné ni place déterminée, ni visage propre, ni don particulier, Ô Adam, afin que ta place, ton visage et tes dons, tu les veuilles, les conquières et les possèdes par toi-même. La nature enferme d’autres espèces en des lois par moi établies. Mais toi, que ne limite aucune borne, par ton propre arbitre, entre les mains duquel je t’ai placé, tu te définis toi-même. Je t’ai mis au milieu du monde, afin que tu puisses mieux contempler autour de toi ce que le monde contient. Je ne t’ai fait ni céleste ni terrestre, ni mortel ni immortel, afin que, souverain de toi-même, tu achèves ta propre forme librement, à la façon d’un peintre ou d’un sculpteur. Tu pourras dégénérer en formes inférieures, comme celles des bêtes, ou bien, par décision, de ton esprit, être régénéré, atteindre les formes supérieures, qui sont divines»

Le combat médical homme-machine, le médecin de demain

En consumant des millions de données, la machine est capable d’évaluer un diagnostic médical de façon plus fiable qu’un médecin. Watson diagnostique un cancer du poumon avec un taux de réussite de 90% contre 50% pour un médecin. Des chercheurs ont fait la démonstration d’un logiciel capable de diagnostiquer un cancer du sein à partir de photos de ganglions lymphatiques avec un taux de réussite de 92%. L’analyse les clichés médicaux décèle des fractures avec une efficacité trois fois supérieure à celle d’un radiologue avec un taux d’erreur moyen de 10 à 15%.
En 2016, une patiente avec une forme grave de leucémie dont le cancer résiste à la chimiothérapie préconisée s’est présentée à l’hôpital, l’équipe a fait appel à Watson pour résoudre ce problème, un amas d’informations est rentré dans la machine (profil génétique y compris les mutations possibles, revues d’essais cliniques et plus de 20 millions d’études d’oncologie). En moins de 10 minutes, Watson a découvert la pathologie de la malade: une anomalie dans la moelle osseuse.
 À Sophia Antipolis (Nice), on développe un algorithme prédisant l’efficacité des médicaments contre la schizophrénie à partir d’une simple prise de sang. En Californie, des chercheurs ont mis au point un système qui analyse la voix et les visages des soldats de retour de mission pour déterminer s’ils souffrent de stress post-traumatique. Google, avec sa division IA DeepMind, a noué des partenariats avec plusieurs hôpitaux londoniens pour tester son logiciel de diagnostic. Apple a ouvert une plateforme Research Kit à destination des chercheurs. Sophia Genetics améliore la fiabilité des diagnostics, CardioLogs interprète les électrocardiogrammes et DreamUp Vision dépiste des maladies de l’œil liées au diabète. Google a annoncé en  2016 une nouvelle fonctionnalité à son moteur de recherche, en tapant ses symptômes, l’internaute aura accès à une liste de causes probables et une suggestion d’automédication si cela ne requière la visite d’un médecin.
La quantité de données médicales double tous les 5 ans. Les médecins n’ont simplement pas le temps de lire chaque revue pour se tenir à jour et être au courant des plus récentes avancées. Watson, lui, est capable de lire 60 millions de pages texte à la seconde et pourrait donc aisément leur venir en aide. En combinant les données du dossier d’un patient et la littérature médicale, les diagnostics en seraient améliorés.
Un test a été réalisé au Memorial Sloan-Kettering Cancer Center de New York. Watson a ingéré plus de 600 000 données médicales, deux millions de pages issues de revues spécialisées ou de la recherche, les dossiers de 1,5 million de patients. Bref, il a acquis une quantité de connaissances qu’aucun humain ne pourra jamais égaler. Et au final Watson a pu diagnostiquer un cancer du poumon avec un taux de succès de 90 %, contre 50 % à peine pour un médecin. En radiologie, le super-ordinateur a même pu détecter sur des IRM des anomalies imperceptibles à l’œil humain.
Watson est conçu pour assister les médecins, il leur suggère les traitements les mieux adaptés et leur apporte un supplément d’informations nécessaire à leur prise de décision. On prédit ainsi que les robots devraient remplacer 80 % des médecins dans le futur.
L’intelligence émotionnelle, qui différencie le bon médecin du mauvais, échappe encore beaucoup à nos ordinateurs. On est d’ailleurs très mal à l’aise avec une machine qui pose un diagnostic médical. Parallèlement, la vision de la médecine se modifie. Les différentes études sur l’effet placebo mettent en lumière l’importance du rapport émotionnel entre le médecin  et son patient dans le processus de guérison. De la même manière, après des décennies d’analyse verticale du fonctionnement de l’organisme, la recherche fait de plus en plus la place à une vision systémique, globale, de l’organisme. Plus que des remplaçants les robots et l’informatique vont devenir, pour le moment, les meilleurs assistants des médecins.
  1. Les ordinateurs sont peut-être très bons pour mémoriser des données, mais pas dans le dialogue avec les personnes, les patients décrivent leurs symptômes de manière différente selon leur personnalité, un médecin qui connaît bien son patient serait plus à même de poser un meilleur diagnostic?
  2. L’intelligence artificielle pourrait-elle être supérieure à l’intelligence humaine?  À partir du moment où la machine peut se reprogrammer elle-même et où nous ne comprenons plus ce qui est en train de se passer, la IA peut parfaitement faire des choses dont les hommes ne sont pas capables. L’ordinateur et l’homme sont les deux opposés les plus intégraux qui existent. L’homme est lent, peu rigoureux et très intuitif, l’ordinateur est extraordinairement rapide, très rigoureux et … peut être + intelligent ?
  3. L’intelligence artificielle montre chaque jour des capacités d’analyse de plus en plus fines. Certaines disciplines médicales deviennent obsolètes. Celles basées sur l’analyse de signaux telles que la radiologie, la pathologie voire la dermatologie pourraient être automatisées. Mais pour cela il faut ouvrir les données! 

Les projets de la NASA


Le Projet Alien Minds de la Nasa prévoit de remplacer les astronautes par des robots humanoïdes  plus adaptés aux environnements hostiles, plus résistants et moins chers.
Les chercheurs du SETI  observent les étoiles à la recherche de signes révélant la présence de civilisations aliens.
Un astéroïde transformé en vaisseau spatial. Le projet prétende transformer un astéroïde entier en utilisant les matériaux présents sur l'astéroïde en question: un engin robotisé serait envoyé sur un astéroïde, minerait ses ressources et les utiliserait pour construire des versions simples des instruments nécessaires pour le piloter, il pourrait ainsi aller se placer en orbite afin de servir de point de rendez-vous pour les futures missions d'exploration.

Des microbes pour recycler les circuits imprimés sur Mars ou le "recyclage bio des circuits". Il s'agit de recycler les circuits électroniques qui seront embarqués dans les vaisseaux qui iront sur Mars, et sur les éventuelles bases lunaires. Le modèle consisterait à utiliser des microbes spécialisés pour récupérer les métaux sur les circuits, puis les utiliser comme une sorte de bio-encre pour en imprimer à nouveau.
Un char à voile sur Vénus. Il s'agit d'aller à la surface de la jumelle infernale de la Terre qui a une température de 480 degrés et une pression atmosphérique 93 fois supérieure à celle de la Terre. Un petit robot nommé Zephyr serait propulsé grâce à une voile, ce qui laisserait toute l'énergie solaire captée disponible pour les instruments de bord. Il faudrait l'envoyer dans une région relativement plate de la planète.
Un sous-marin dans les océans d'hydrocarbures de Titan. Titan a des mers et des lacs, comme la Terre mais ils ne sont pas composés d'eau, mais de méthane et d'éthane. Un environnement unique dans le système solaire, qui pourrait nous renseigner sur les débuts de la vie. Il s’agit, d'y envoyer une sonde qui emporterait un sous-marin robot bardé d'instruments scientifiques capable de se déplacer dans les mers d'hydrocarbures. L'appareil doit pouvoir supporter l'immersion dans de tels liquides, mais tous ses appareils doivent pouvoir résister au froid intense qui règne sur Titan (-179 degrés en moyenne). Le "Titan Sub" pourrait être envoyé seul, ou dans un "tir groupé" avec un véhicule roulant chargé d'explorer la terre ferme de Titan. Le sous-marin pourrait servir de tête de pont pour d'autres.
Un voyage dans l'espace en dormant. Les passagers du vaisseau spatial ne seront pas congelés, mais ils pourraient être plongés dans un sommeil proche de celui des animaux qui hibernent. La méthode consisterait à diminuer légèrement la température du corps et à nourrir les astronautes par intraveineuses. L’objet est de réduire notablement la charge nécessaire pour un voyage vers Mars. Les astronautes endormis auraient besoin de beaucoup moins de place et surtout de beaucoup moins d'eau et de nourriture. Moins de poids à envoyer dans l'espace.
Une base en béton lunaire. S'installer sur une autre planète et pouvoir construire des habitations sans avoir à importer tout le matériel de la Terre c’est l’objectif. Un projet qui associe robots constructeurs et fabrication d'une sorte de "béton lunaire" à partir du régolithe, la "poussière" du sol de la Lune.  Avec ce matériau, les robots fabriqueraient les bâtiments grâce à une technique semblable à l’imprimante 3D. Des murs, des dômes de protection contre les radiations et des routes pourraient être construits automatiquement, avec une technique peu onéreuse puisqu'elle utiliserait les matériaux présents en abondance sur le site.
Un projet de ballon pour parcourir l'atmosphère d'azote (95%) et de méthane de Saturno. Afin d'étudier la chimie unique qui règne sur le satellite de Saturne on envoie un ballon ou éventuellement un atterrisseur qui serait porteur d'un petit drone, de moins de 10 kilos. Le drone se détacherait du ballon pour aller prendre des mesures au plus près du sol, et pourrait retourner sur son "vaisseau-mère" pour se recharger avant de repartir lorsqu'un nouveau terrain d'études intéressant aurait été trouvé. Il serait même possible d'avoir les instruments d'analyse sur le ballon, avec un mécanisme de transfert des échantillons à partir du drone lorsqu'il viendrait se recharger.
Un robot "superball" qui rebondit sur d'autres planètes. Il s'agit de fabriquer de petits robots capables d'atterrir sur à peu près n'importe quelle surface planétaire sans avoir besoin de parachutes. Des systèmes rigides avec des câbles souples, ou des structures dont l'équilibre et la solidité générale ne dépendent pas de la résistance des matériaux qui les composent. La structure de ces "robots superballs" leur permet d'absorber le choc du contact avec le sol, et ils peuvent atterrir dans n'importe quelle position. Une fois arrivés, ils peuvent se déplacer, et sont tout-terrain.
Des microbes pour "terraformer" Mars ou l'écopoïèse, qui correspond à l'installation sur une autre planète d'un écosystème à l'échelle microbienne. Une sonde atterrirait sur un site contenant de l'eau et entourerait une portion de sol martien, l'isolant totalement pour éviter de contaminer la planète.
L'échantillon de sol et d'eau serait alors exposé à certains micro-organismes extrêmophiles (capable de vivre dans des conditions très difficiles) venus de la Terre, et soigneusement sélectionnés. Le but de l'expérience est d'étudier les conditions de développement de ces organismes.
L'araignée bâtisseuse de l'espace. Vous envoyez en orbite les matériaux de construction sous forme brute et compacte, donc faciles à expédier par fusée. Ajoutez des instructions programmées pour assembler l'objet final, et SpiderFab s'occupe du reste. Il devient alors possible de construire des objets de très grande taille, comme des panneaux solaires extrêmement larges, ou encore des télescopes géants, et ce grâce à un robot-constructeur qui ressemble à une araignée, avec des outils différents sur chaque "patte". 

L’assistant personnel témoin d’un crime

 À travers l’utilisation d’un assistant personnel, on retrouve Siri pour Apple, Cortona pour Microsoft, Google Assistant pour Google et enfin Alexa pour Amazon et ces différentes solutions sont dans une phase de développement initiale mais testés l’utilisateur aurait obtenu une réponse bien plus rapide, plus personnalisé et plus qualitative que s’il avait réalisé lui-même l’opération. En effet,  ces assistants sont censés être capables d’apprendre à partir du nombre d’expériences vécues et des données accumulées. Ainsi, si les utilisateurs acceptent de partager leur localisation et un maximum de données personnelles, ces assistants deviendront alors la norme pour accéder au monde

Parmi les autres améliorations qu’il souhaite apporter à son intelligence artificielle, Amazon pense à utiliser des techniques de probabilités pour qu’Alexa fournisse de meilleures réponses aux requêtes les plus ambiguës qu’elle ne comprendrait pas. Amazon voudrait également permettre à Alexa de mieux tenir une conversation, notamment en se rappelant ce que l’humain a déjà dit pour mieux rebondir dessus.

Aux États-Unis, l’enceinte Echo d’Amazon, qui abrite l’assistant à commande vocale «Alexa», a peut-être été ainsi le témoin d’un meurtre et le parquet a obtenu un mandat de perquisition demandant au groupe de lui livrer toutes les données pertinentes par rapport à ce crime.  Après l’enquête, les policiers avaient conclu à un homicide, relevant des traces évidentes de lutte.
Au cours de l’enquête, les policiers ont remarqué que la maison intelligente, disposé de l’enceinte connectée Echo d’Amazon équipée de sept microphones et qui abrite « Alexa », capable de répondre à des questions ou de coordonner le contrôle des objets connectés dans la maison. La police a donc soupçonné l’Echo d’avoir enregistré en permanence les événements de la nuit du crime. Jusqu’à présent, le grand groupe américain de la distribution n’a fourni que les données du compte à  l’avocat de l’accusé et pas à la police. Ce qui soulève des questions concernant la vie privée à une époque où de plus en plus d’appareils enregistrent les données des utilisateurs, ainsi que leurs mouvements et leurs actions.

Les fintech poussent dans le sens d'une robotisation accélérée 

 Les progrès fulgurants de l'informatique cognitive remettent en question les activités routinières et répétitives, et des tâches cognitives qui étaient considérées comme non automatisables récemment sont désormais remplacés par l’intelligence artificielle.

Dans les banques, la digitalisation entraîne depuis plusieurs années des réductions d'effectifs en interne et des conseillers se voient assistés par des logiciels auto-apprenants. Ils sont en mesure de répondre aux mails des clients, ou de jouer le rôle d'assistants virtuels épargne via Watson, le système d'intelligence artificielle d'IBM. La start-up Bruno vient par exemple de lancer un chatbot qui prodigue ses conseils financiers depuis la plate-forme de Facebook Messenger grâce à l'intelligence artificielle.

Cette révolution va faire que des chargés de clientèles dans le secteur bancaire seront remplacés par des logiciels En France, on prédit qu’il y aura une baisse des effectifs d'environ 30 % dans la banque de détail d'ici à 2025.  Le remplacement de l'homme par la machine ne se cantonne pas à la production industrielle ou aux emplois les moins qualifiés. Aujourd'hui, les intelligences artificielles sont à même d’assurer le travail de salariés de la finance. En plus de pouvoir analyser des milliers de données en un temps record, « Watson » est capable de comprendre le langage naturel et de s'adapter et d'apprendre.
Ce phénomène ne provoquera un chômage technologique massif, mais au contraire créera d'autres emplois, inexistants aujourd'hui, dans l'ingénierie, la programmation, le fonctionnement des machines. L'arrivée de robots intelligents au cœur des banques n'est plus un fantasme. La quatrième révolution industrielle n'en est encore qu'à ses préludes, mais ces logiciels auto-apprenants secondent déjà les conseillers clientèle des grandes institutions financières françaises. 
La robotisation se rend également indispensable dans les départements risques et conformité des banques, où les logiciels intelligents se révèlent précieux pour absorber des normes réglementaires en constante évolution.

L’un des grands métiers de demain sera-il contrôleur d’appareillage d’intelligence artificielle?

Le pouvoir du cerveau repose sur «une logique mathématique relativement simple», puisque la complexité du cerveau s’apparenterait à un algorithme de base, le processus fonctionne dans sept différentes régions du cerveau. En effet, une logique mathématique relativement simple sous-tend les calculs complexes du cerveau.  La théorie de la connectivité concerne la façon dont les milliards de neurones du cerveau acquièrent des connaissances, et notre capacité à généraliser et à tirer des conclusions à partir de ce savoir. Selon cette théorie de la connectivité, des groupes de neurones semblables forment un ensemble complexe pour gérer des idées ou des informations et se regroupent ensuite pour gérer toutes les combinaisons possibles à partir de ces idées de base. Plus les pensées sont complexes, plus de groupes de neurones sont impliqués. Si la complexité du cerveau repose sur un algorithme de base, les perspectives pour l’IA sont immenses.
Deux intelligences artificielles, Alice et Bob, inventent un langage afin de tromper un autre ordinateur. Ces deux intelligences artificielles réussissent à créer leur propre langage pour en tromper une troisième, appelée Ève, sans que l’homme n’intervienne. Les experts estiment que le système de langage mis au point par ces deux intelligences artificielles était rudimentaire et un bon spécialiste du décodage serait capable de le craquer. Mais, l’intelligence artificielle prendra son envol le jour où elle sera capable de fonctionner en créant ses propres algorithmes. Et comme la machine qu’apprend fonctionne de façon exponentielle, son accélération dans l’apprentissage sera alors énorme et l’être humain sera rapidement dépassé. En effet,  la machine qu’apprend passera du fonctionnement de celui du cerveau humain, et rapidement progressera de cent, de mille, d’un million de cerveaux et ainsi de suite…  L’un des grands métiers de demain sera-il contrôleur d’appareillage d’intelligence artificielle?

Le problème de l’apprentissage automatisé et des réseaux de neurones, principales techniques faisant tourner les programmes d’intelligence artificielle, repose sur le fait que même pour ceux qui les programment, leurs résultats sont souvent inexplicables. Ces programmes utilisent des données pour y trouver des schémas, mais même ceux qui les programment ont du mal à expliquer comment ils fonctionnent.

Alors que l’Union européenne vient de se prononcer pour un droit à l’explication des décisions automatisées, permettant aux citoyens de demander une forme de transparence des algorithmes, reste à savoir ce que cela signifie dans ce cas.

En effet, ce problème empêche les chercheurs d’utiliser ces technologies à leur plein potentiel. Si nous ne comprenons pas comment les résultats sont générés, nous ne comprendrons pas quelles données en entrée sont nécessaires ou lesquelles doivent être considérées comme des entrées.
Les machines ont trop tendance à «voir» des structures significatives au sein d’images abstraites ou aléatoires. De tels défauts pourraient même être exploités par des hackers et produire des effets très dangereux. Il serait ainsi possible de pousser une voiture sans conducteur à confondre ci qu’il voit, ou de truquer un système de détection rétinien.

Un programme capable de créer un logiciel d’IA «symbolique» exprimant de façon lisible un ensemble de principes logiques, de « règles » aurait un net avantage sur l’apprentissage profonde. Il aurait besoin de beaucoup moins de data pour apprendre. C’est par l’hybridation de différentes méthodes anciennes ou toutes récentes qu’on arrivera peut-être un jour à produire un programme réellement «intelligent». Dès nos jour nos machinent dialoguent, mais nous ne savons pas qu’est qu’ils se disent !
Les robots sont employés en remplacement de la force musculaire et du savoir-faire humain. Ils sont fiables, infatigables, supportent des cadences optimales et sont de plus en plus polyvalents. D’abord déployés dans les industries lourdes, ils remplacent actuellement des employés qualifiés sur des chaînes de montage de nos tout derniers smartphones. On estime à plus de 50 millions le nombre d’emplois auxquels ils se sont substitués en à peine 50 ans, et à plus de 200 millions dans les 20 prochaines années.
Contrairement aux robots mécaniques, l’IA n’est composée que de lignes de code informatique. Elle se nourrit de contenu numérique et apprend sans repos au rythme des processeurs très puissants qui l’animent et la technologie pourrait se substituer à notre intelligence biologique dans la plupart des domaines des œuvres de l’esprit.
Les fortunés du capitalisme du futur sont ceux qui apprennent aujourd’hui aux machines à répliquer notre pensée et notre savoir. Ces entrepreneurs sont présents dans tous les bassins hi-tech et avancent très rapidement. Ne connaissant pour seule frontière que les limites de la technologie, ils bousculent et font évoluer tous les modèles économiques et sociaux.  Les plus grands investisseurs mondiaux  les financent par milliards de dollars car  l’IA aura un impact encore plus important que le silicium sur notre futur.
On constate que :
  •  le développement technologique a toujours entraîné un accroissement de la richesse et une augmentation du niveau général de qualification. La connaissance libère et son accès rapide et universel accélère ce phénomène.
  •  il y a un décalage temporel entre la mise en service des innovations et l’élévation du niveau de compétence. Cela se traduit par des ajustements sur le marché du travail.
L’IA est une avancée capitale qui permet de poser des diagnostics plus précis sur des maladies, de faire des observations plus pertinentes sur d’immenses volumes de données et de d’agréger et de traiter plus de connaissance que tout autre outil. C’est donc une opportunité primordiale pour notre évolution, mais les organismes publics doivent légiférer pour définir un code déontologie de l’IA, régulé afin de prévenir toute situation de monopole sur le savoir et fiscaliser l’utilisation de l’IA afin que cette innovation ne détruise pas la solidarité que nos populations ont mis tant d’années à bâtir.

« Chocs futurs »

Dans un rapport d'avril 2017, le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) anticipe les principales menaces pour 2030. Dans un rapport dénommé " Chocs futurs ", le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, tente d'identifier les principales menaces liées aux ruptures technologiques à l'horizon 2030 : le terrorisme biologique, la militarisation de l'espace, les armes imprimées en 3D, les virus de synthèse, les robots tueurs, mais aussi le décryptage des informations les plus sensibles grâce aux ordinateurs quantiques. Le document souligne que les ruptures technologiques en cours sont aussi prometteuses en termes industriels que génératrices de risques du point de vue sécuritaire.
·       La Chine, elle, pourrait disposer de "planeurs hypersoniques" capables d'atteindre cinq à dix fois la vitesse du son, qui seraient dotés de charges nucléaires et quasiment impossibles à intercepter. Ces missiles dits "hypervéloces" pourraient être utilisés, outre les frappes nucléaires, pour des frappes conventionnelles et des missions de déni d'accès de certaines zones.
·       Terrorisme technologique. Les groupes terroristes pourraient chercher à recruter des experts NRBC.  Certains pourraient facilement se former grâce au développement des MOOCS : vol de matières nucléaires ou radiologiques, attaque de sites de production nucléaire, ou fabrication d'une "bombe sale" mélangeant explosifs traditionnels et produits radioactifs.
·       La révolution de l'impression 3D pourrait permettre la fabrication clandestine de matériel à usage terroriste. La biologie de synthèse pourrait permettre la résurrection de virus virulents et très contagieux. L'ordinateur quantique pourrait rendre inopérant les systèmes de chiffrement actuels, d'où des risques pour les informations classifiées de l'État ou le patrimoine scientifique et technique.
·       L'essor des neurosciences pourrait permettre en 2030 aux États-Unis, à la Chine, à la Russie ou à Israël de transformer leurs combattants en hommes augmentés, avec des implants destinés à augmenter l'acuité visuelle ou auditive, des "dispositifs d'électrostimulation cérébrale", ou des exosquelettes capables d'augmenter leurs capacités locomotrices. Le développement des armes à "énergie dirigée" (laser et micro-ondes) pourrait permettre aux États-Unis et à la Chine de neutraliser toute l'électronique d'une ville grâce à une impulsion électromagnétique générée par des missiles de croisière, voire de bénéficier d'un bouclier laser qui protégerait la progression de leurs forces de tout tir de missiles ou d'artillerie.
·       Le développement exponentiel de l'utilisation militaire de robots sous forme "d'essaim de robots" capables de saturer les défenses ennemies. Les mouvements, basés sur l'intelligence artificielle, seraient difficiles à prévoir et déstabiliseraient les combattants traditionnels.
·       Le scénario de rupture envisagé par le rapport anticipe même l’autonomisation complète de robots tueurs, les SALA en jargon militaire (Systèmes d'armes létales autonomes). Dotés d'une intelligence artificielle, ils utiliseraient leur capacité d'auto-apprentissage pour s'éloigner des règles initiales d'ouverture du feu.



Technologies de l'intelligence, transhumanisme

Quelques réflexions sur l’IA

Les astrologues de la technoscience